Etienne LALEMAN vit à Rouen. Il partage son temps entre ses six enfants et sa peinture. Né au Havre, il y vit jusqu'a l'âge de 20 ans, puis après avoir habité à Paris, puis en Auvergne, il revient s'installer en Normandie en 1980. 

 

Il a voyagé un peu partout en Europe, de nombreux séjours en Italie avec sa première épouse originaire de ce pays, en Angletere ou il séjourne encore régulièrement, mais aussi aux Etats-Unis, en Tunisie, au Cameroun, et plus récemment, en Chine.

 

Il est entré à l'école des Beaux Arts du Havre à l'âge de 16 ans. Après son diplome, il étudie encore deux années à l'université de Paris 8. De formation classique et figurative, il s'est peu à peu dirigé vers l'abstraction.

 

Sans véritable plan de carrière, discret sur son art et son devenir, il laisse aux choses la liberté de se faire ou se défaire elles même.

Photo : Frédéric CARNUCCINI

Les toiles d'Etienne Laleman ou l'apprentissage d'une nouvelle intention...

 

Les chemins solitaires

Par Roger BALAVOINE

 

Laleman part en guerre contre les carthésiens.

Il réclame le droit de butiner sur des sentiers que personne n'a fréquenté avant lui, mais ou il fait bon le suivre. C'est un art à la fois intimiste, tendre, inquiet, versatile, parfois même agressif, comme pour mieux se défendre. C'est une peinture vive, fraîche, gaie aussi.

Les toiles d'Etienne Laleman

par Christine CARBONNIER

 

 Devant une toile de Laleman, c'est ouvrir les yeux quand on pensait les avoir déjà ouverts,

C'est bouger en restant immobile,

C'est découvrir la pluralité dans l'unité,

C'est ressentir une volonté mais aussi ses paradoxes,

C'est la beauté et ses incompréhensions.

De cet ensemble, comme un chaos, des règles contradictoires opèrent, ouvrant et construisant ce monde impermanent. On assiste alors, perplexe à la naissance d'une infinité de regards, réunis sur une même toile.

Nous n'avons pas finis d'apprendre, se régaler d'apprendre à regarder. 

La passion de surprendre

par Roger BALAVOINE

 

Laleman dresse son outillage, établit ses repères, engendre son jeu subtil et parfois ironique.

Qu'il établisse des forces tenaces, des puissances sidérales, brisées sur le silence, ou quelques jardins extraordinaires, il bâtit une oeuvre sensible, instable, pure, et prometteuse.

Rien est achevé, tout donc peut arriver.

Laleman, tel un arlequin rêveur dans un jardin d'étoiles s'affronte à des masses maléfiques sur des états d'âmes angéliques. 

Son oeuvre apparait nue, latente, surprenante, passionnée.

Cet oeil clair 

par Françoise DELAUNAY

 

L'oeil de Laleman ne révasse pas.

Cet oeil clair, tantôt tendre, tantôt arrogant, puise dans sa perception les apparences du visible. Il filtre du vulgaire la beauté et ne se pliant pas à la réalité, il la créée.

 

PAPIER DE SOIE

par Simone LHERMITTE

 

Laleman commence par froisser des papiers de soie... mais aussi la vie, doucement. Méfions nous de cette apparante douceur, elle cache un peintre qui nous emmène par le visuel derrière l'oeil. Il interpelle donc notre esprit.

Vision "84"

Par André RUELLAN

 

Laleman s'engage à font, se détache des tendances et des conventions, et poursuit sa quête en un bel ensemble qui subjugue et fait non pas rêver, mais plutôt admettre une vision différente, mystérieusement proche du réel et de la pensée.

L'essentiel est invisible pour les yeux

Par Roger BALAVOINE

 

La peinture de Laleman force l'attention, elle force à voir au delà. Au dedans. On ira donc explorer la face cachée des peintures de Laleman qui laissent voir un espace soudain libéré.

 

Que Laleman échappe aux schémas habituels de la peinture actuelle ne fait aucun doute. Qu'il se soit tracé une voie rigoureuse, belle et folle, bien que raisonnée ne souffrira pas non plus de contestations durables.

 

Ses actions successives qui occupent en même temps l'espace peuvent évoquer une musique wagnerienne. D'une chiquenaude, l'instant d'après, Laleman enverra la musique au cirque et gambadera, futile et mutin sur un fil invisible mais porteur.

 

Laleman et un rêveur qui bâtit sur le roc. Prévoyant, le rêveur et têtu. Il aime ancrer ses idées sur du solide, sur ce roc interieur qui doit être sa manière de vivre. Sa peinture sera libérée de tout repère inutile. Laleman fore son chemin, tranquillement, silencieusement, il est un peintre qui étonne.

Le jardinier et les formes

Par Roger Balavoine

 

Laleman joue sur la diffraction de la lumière, sur la déstabilisation des apparences. Fuites et séquences brêves, reflets imaginaires et cadres précis défraient le réel et révèlent le projet d'appréhender l'autre face des choses. Laleman tricotera des chemins éblouissants. L'oeil pénètre sa peinture, s'y perd et s'y retrouve sur un déport, sur un virage, voire un dérappage.

 

C'est que Laleman prend tous les risques pour trouver ses avancées.